Ascension de la montagne Pelée
Le premier objectif, c’est la Caldeira (1 223 m). Du rebord de l’énorme cratère formée par l’explosion de 1902, on peut apercevoir les murailles des trois dômes nés d’éruptions successives : morne Lacroix (1 243 m), point culminant avant 1902 ; dômes jumeaux (1 362 m) formé lors de l’éruption de 1902 et le Chinois ( 1 397 m ) issu de l’éruption de 1929. Après, on contourne la caldeira, puis c’est l’ascension du Chinois, le point culminant de la Martinique. De là, les points de vue sur l’île sont imprenables. Une bonne façon d’échapper à l’envoûtement du volcan et d’admirer des paysages plus sereins.
Ce matin, la montagne est couverte de brume. Rien de nouveau ! Le volcan subit les assauts du vent et de l’eau en quasi permanence. Les
précipitations atteignent parfois jusqu’à dix mètres d’eau par an. Voilà pourquoi la forêt a du mal à s’installer sur les flancs de la Pelée, constitués d’arbres tourmentés et rabougris. Brrr! Un pull est de mise. À se demander ce que je fais ici sachant que partout ailleurs sur l’île il fait beau et chaud. Il y a à peine une heure je longeais la mer Caraïbe dont la couleur azur se confondait avec le bleu du ciel. Quel changement ! Mais le moment est magique. Outre celui de gravir un volcan qui a su se montrer terriblement meurtrier, l’intérêt réside dans les étonnants paysages sommitaux.
La montagne Pelée doit son nom à son dôme dépouillé d’arbres. Quant au type de volcan dit « peléen », il n’est connu que depuis l’éruption de 1902. Sa caractéristique : une lave très visqueuse, capable de boucher les cheminées et provoquer une augmentation rapide de la pression par accumulation des gaz. Sous l’effet de cette pression grandissante, les gaz font sauter le bouchon de lave et se chargent au passage d’une masse considérable de matières volcaniques. Ces fragments très légers, constitués surtout de pierre ponce sont entraînés par les gaz très chauds. C’est le phénomène de « nuée ardente ».
Le sentier emprunte un succession de ravinements de ponce et d’enrochements raides où il faut s’agripper de pierres en pierres. Les flancs de la montagne sont jonchés d’herbe, de fougères et de framboisiers. De l’Aileron, par beau temps, on découvre une vue splendide sur Saint Pierre à l’ouest, le massif des pitons du Carbet et les îles voisines de Sainte Lucie et Saint-Vincent au sud et la péninsule de la Caravelle à l’est. Je rejoins la caldeira par une crête qui monte en pente douce et se dirige sur le plateau des palmistes. On domine maintenant le cratère. Malgré une visibilité réduite, le moment est grandiose. Surtout lorsque le vent chasse la brume permettant d’entrevoir le profond cratère recouvert de mousse, de fougères, de palmistes et de thym-montagne et les contreforts abruptes des dômes.